Mamans de cœur, elles élèvent les enfants des autres

Publié le par Yzabeille

Par vocation, pour devenir mère, ou simplement pour offrir un foyer à ceux qui n’en ont pas, ces femmes ont un jour ouvert leurs portes à des enfants abandonnés ou en rupture familiale. Mamans de cœur, elles sont un puits d’amour inépuisable.

Tous les matins, Géraldine (*) se réveille avec les premières lueurs de l’aube afin de laver et habiller ses enfants, trois marmailles âgés entre 5 et 7 ans. Le petit-déjeuner à peine englouti, elle les emmène en voiture à l’école. Un dernier bisou, une dernière recommandation et elle les laisse aux bons soins de leur professeur respectif avec la promesse de les récupérer tôt en fin de journée. Parfois, elle s’attarde pour discuter avec les autres mères, échanger avec elles les dernières péripéties des marmailles… En tous points, Géraldine ressemble à une mère au foyer comme les autres. Mais en réalité, elle est bien plus qu’une maman. Elle est assistante familiale et s’occupe des enfants et adolescents temporairement retirés à leurs familles en difficulté, pour le compte du conseil général.

“Mon travail consiste à m’occuper de ces enfants et à leur offrir un foyer, explique-t-elle. Lorsque j’ai démarré ce métier, j’avais 29 ans et j’étais déjà maman de deux enfants, un garçon et une fille. Pour moi, c’était normal, j’ai toujours été en contact avec les marmailles. J’étais déjà habituée à garder les petits de ma sœur et ceux du voisinage. Avant de devenir assistante familiale, j’ai essayé plusieurs petits boulots dans la vente, la comptabilité, la restauration… mais rien ne me convenait. Je ne peux m’épanouir qu’au contact des enfants, que j’élève comme s’ils étaient les miens, même si c’est pour une durée provisoire”. En dix-huit ans, une vingtaine d’enfants et adolescents ont résidé chez elle. Certains pendant quelques semaines, d’autres quelques mois et quelques-uns pendant plusieurs années. L’une de ses “filles” est ainsi arrivée chez elle alors qu’elle n’était qu’un bébé et ne l’a quittée qu’à sa majorité. Ils ne retournent dans leur famille respective que lorsque celle-ci est à nouveau capable de les élever dans de bonnes conditions.


Des enfants en détresse


“Arrivés chez moi, ces jeunes deviennent les frères et sœurs de mes propres enfants, confie Géraldine. Je ne fais plus de distinction entre eux, qu’ils aient la même couleur de peau, la même religion ou non. Je leur offre les mêmes jouets, je les réprimande de la même manière…
Les enfants placés demandent autant d’amour, si ce n’est plus, en raison de leur passé difficile. Même si ce n’est pas le cas, ils se sentent abandonnés et rejetés par leur famille. Il faut trouver les mots pour les rassurer, les écouter et leur faire comprendre qu’ils sont aimés, que ce soit de leur famille ou de la mienne. Heureusement, mon compagnon m’épaule et leur sert aussi de père de substitution”.

Au cours de ces longues années, Géraldine a vu défiler les cas les plus difficiles. Des enfants sujets à de violentes crises de nerfs ou à des comportements suicidaires, des adolescents fugueurs ou violents… Un jour, la mère d’une des filles placées chez elle l’a même menacée de mort ! Mais rien n’est venu à bout de sa motivation.
“Une fois seulement, j’ai failli tout arrêter, raconte-t-elle. J’ai recueilli un adolescent très violent qui voulait asservir toutes les femmes de la maison. Quand il n’obtenait pas satisfaction, il frappait. Sa religion lui interdisait de manger du porc. Quand j’en faisais au dîner, je lui préparais toujours quelque chose à part, mais ça le mettait en colère et il crachait dans les marmites. Il renversait tout ce qui était sur la table et nous insultait copieusement. Une fois, il m’a poussée violemment dans les escaliers. C’en était trop ! Ce garçon représentait un danger pour ma famille et pour les autres enfants dont j’avais la garde. La police est intervenue et l’affaire s’est réglée devant les tribunaux. À ce moment-là, j’ai failli laisser tomber le métier. Mais après réflexion, je me suis raisonnée. Je ne voulais pas qu’un cas difficile mette un terme à l’aide que je pouvais apporter aux enfants placés. Il y a tant d’enfants qui manquent d’amour et ont besoin d’un foyer !”

Même lorsque ces enfants commettent de “grosses bêtises”, comme elle dit, elle ne se fâche pas et préfère le dialogue à la sanction. “Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai dû attendre dans l’angoisse au commissariat le retour d’un adolescent fugueur, poursuit-elle. Ou le nombre de fois où un enfant m’accusait à tort de l’avoir violenté. Ces réactions vives et irréfléchies traduisent en fait une profonde détresse et sont des appels au secours pour attirer l’attention. Je ne les juge jamais. Je les écoute, les conseille. Et je leur fais comprendre que quoi qu’ils aient pu dire ou faire, ma porte leur restera à jamais ouverte. Sauf bien sûr, s’ils deviennent aussi violents que l’adolescent que j’ai accueilli une fois…”

Mère aimante, Géraldine a envisagé à plusieurs reprises l’adoption. Aucune n’a jamais abouti. “Ces enfants ne sont pas abandonnés, ils sont simplement placés dans une famille d’accueil jusqu’à ce que leur famille d’origine soit apte à les élever à nouveau. Je ne peux donc pas les adopter”, explique-t-elle. Et lorsque ces chers petits la quittent pour retourner dans leur famille respective, c’est le déchirement. “Je suis heureuse pour ces marmailles, car ça signifie que tout s’arrange pour eux, mais je suis profondément chagrinée quand je les vois partir, souffle-t-elle. Il me faut du temps pour m’en remettre…” Certains s’empressent de l’oublier, sans doute parce qu’elle leur rappelle une période difficile de leur vie. D’autres l’appellent occasionnellement ou la saluent lorsqu’ils se croisent dans la rue. Quelques-uns, enfin, ne manquent jamais une occasion de la remercier lors de la fête des mères ou à Noël en envoyant une carte ou en lui rendant visite. Rien ne peut alors autant l’émouvoir. “C’est normal, dit-elle, ce sont tous mes enfants”


(*) Prénom d’emprunt

Source :
www.clicanoo.com/

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Publié dans Adoption

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V
ça c'est bien dit et bien vu, je suis tout a fait d'accord ! bonne journéeAppartement Marrakech
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