Les cadoles
Ces petites constructions ont été érigées par les vignerons au XIXe siècle.
Aussi appelées loges, les cadoles ou anciennes cabanes de vigne des collines de Courtenon, de Gyé sur Seine et des Riceys, ont été redécouvertes au milieu des bois et des friches où elles se dressaient abandonnées depuis le phylloxéra à la fin du 19e siècle.
Historiquement, le terme de cadole n'a pas toujours été associé à l'emploi de la pierre : il désignait la cabine en planches des bateaux servant au transport fluviatile sur la Saône et le canal du Charolais aux XVIIIe et XIXe siècles (avant l'apparition des péniches). Par métonymie, le nom en était venu à désigner l'embarcation elle-même, vaste barque affectée au halage de la houille .
Les cadoles en pierres sèches n'ont ni une grande ancienneté ni une grande longévité : leurs pierres sont gélives et, qui plus est, ne bénéficient pas du liaisonnement d'un quelconque mortier. Quelques cadoles datent de la grande période d'extension de la vigne au XVIIIe siècle , ainsi la cadole dite « à Jean Guyot » à Mancey (Saône-et-Loire), mais la plupart remontent au XIXe. Leur construction a perduré jusque dans les années 1920.

Les cadoles étaient bâties avec les pierres retirées des vignes lors de la création ou de l'entretien de ces dernières. Les pierres les plus communes servaient à dresser les muras ou murgers, ces murs bas qui délimitaient les parcelles de vigne. Les pierres les plus belles, plates, larges et faciles à appareiller, étaient réservées à l'édification des cadoles.
Chaque cadole desservait une parcelle et servait d'abri au vigneron : il y trouvait chaleur en hiver , fraîcheur en été et refuge contre les intempéries. Certaines cadoles comportaient des éléments de confort : banquette, niche, porte à serrure. D'autres, de grandes dimensions , ont servi d'habitation permanente à des indigents.
Morphologiquement, il faut distinguer la grande cadole isolée, de plan circulaire ou carré et à coupole , de la petite cadole incluse dans un murger.
(source techno-science.net)